Le visa, un frein au développement touristique dans le sud

Difficultés d'obtention de visa pour les étrangers

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Difficultés d’obtention de visa pour les étrangers

Dans le meilleur des cas, l’obtention de ce document se fait au bout de trois à quatre mois quand ce n’est pas un refus catégorique que l’on oppose au demandeur, sans explication.

“C’est un réel frein à l’essor du tourisme dans les régions du Sud. C’est à croire que cette partie du pays nécessite un traitement à part”, déplorent les professionnels des voyages, révélant une situation des plus chaotiques, notamment pour ce qui est de la délivrance des visas au niveau de nos consultants respectifs à l’étranger dont notamment ceux en France et en Allemagne.

Pas plus tard qu’hier, un groupe de voyagistes nous a saisis pour faire état d’incidents qui, a priori, peuvent paraître anecdotiques mais qui, au final, ne font que porter préjudice au tourisme algérien. “Dans certains consulats, on va jusqu’à déconseiller aux touristes de se rendre en Algérie”, s’indignent nos interlocuteurs qui nous assurent que “l’obtention du visa algérien, qui reste un des plus chers au monde, se fait au bout de trois à quatre mois dans le meilleur des cas quand ce n’est pas un refus catégorique sans explication”.  Cela n’arrange guère les choses et dissuade plus d’un à plus forte raison qu’il existe parfois des périodes de promotion (billetterie – séjour) proposées par les tour-opérateurs ou alors des périodes de vacances avec lesquelles les touristes voudraient faire coïncider leurs séjours.

Or, il se trouve, selon les témoignages de certains agences de voyages et des concernés eux-mêmes, que “ces représentations diplomatiques ne font rien pour la promotion de la destination Algérie, mais en outre elles sont, dans la plupart des cas, méprisantes envers les demandeurs de visa avec des réponses négatives en définitive notamment pour ceux désireux de séjourner dans le désert algérien”. Et c’est, encore une fois, le secteur du tourisme qui est le parent pauvre par rapport aux autres départements non seulement pour ce qui est du budget octroyé, mais aussi et surtout pour le manque de volonté de changer la donne. Il va sans dire que cette vérité ignorée sciemment révèle un malaise qui perdure depuis quelques années et un déphasage sans précédent entre la réalité du terrain et les discours officiels qui demeurent dénués de sens et d’essence.

C’est pourtant dans un passé récent qui date de juin 2016, qu’Amar Ghoul, ex-ministre du Tourisme, avait parlé d’une série de mesures incitatives prises par le gouvernement qui se résument notamment en “l’organisation du transport et des espaces d’accueil et tout ce qui a trait à l’obtention du visa afin de promouvoir la destination touristique Algérie et relancer le secteur, en tant que ressource hors hydrocarbures”.

Son successeur, en la personne d’Abdelouahab Nouri, optera pour l’argument sécuritaire et explique : “L’État est en droit de procéder à des études approfondies de chaque dossier de demande de visa pour préserver la sécurité et la stabilité du pays.”

Des propos que les agences de voyages réfutent en bloc, confiant que “lorsque les touristes demandent un visa pour rester sur Alger, ils l’ont plus au moins facilement mais dès qu’il s’agit du Sud, ça change tout comme si on ne parlait pas d’un seul et même visa pour le pays. En outre, le touriste est encadré à l’instant même où il foule le sol algérien”.

Nos interlocuteurs posent aussi le problème des escortes, qui, à leur avis, sont complètement inutiles dans la plupart des cas, dans la mesure où les circuits considérés “sensibles” sont, actuellement, fermés. Ils ne manqueront pas à l’occasion de rendre hommage aux brigades de Béchar et de Djanet qui, contrairement à celles de Timimoun et de Tamanrasset, jouent pleinement leur rôle.

Nabila SaÏdoun

Liberté du 12 janvier 2017

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