Algérie en 2017, ça passe ou ça casse !

C’est l’année où le régime algérien risque de laisser des plumes s’il ne réussit pas sa mutation économique

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C’est l’année de tous les dangers en Algérie. La crise financière qui paralyse l’État est sans doute le principal obstacle que doit surmonter l’Algérie. Une baisse de plus de 40 % des exportations des hydrocarbures et un déficit commercial qui se creuse et se chiffre à plusieurs milliards, une monnaie nationale qui se déprécie, de grands projets suspendus comme le métro d’Alger, les nouveaux hôpitaux, l’autoroute des Hauts Plateaux, etc., l’Algérie va changer de visage en 2017 et découvre après plus de 15 ans d’une insolente aisance financière le véritable sens de l’austérité.

Le spectre du printemps arabe

Une austérité instaurée par la fameuse Loi de Finances 2017 qui impose des augmentations quasi-générales et multiplie les taxes ainsi que les restrictions budgétaires.  Martyrisée par la cherté de la vie et révoltée par l’absence d’un impôt sur la fortune des plus riches,  la rue s’est révoltée dans un mouvement de colère inédit qui s’est enclenché notamment en Kabylie. De violentes émeutes ont secoué Béjaïa et ses localités. Quelques troubles ont éclaté à Alger.

Le spectre de 2011 a plané sur le pays. En janvier 2011, des émeutes contre la cherté de la vie ont ravagé tout le territoire algérien provoquant une série de changements politiques pour ramener la paix sociale. Officiellement, au niveau de la DGSN, la police algérienne, tout a été préparé pour parer à des mouvements de masses. Les rapports des renseignements généraux algériens décrivaient une rue en colère et exaspérée par les mauvaises conditions sociales aggravées par la crise financière. Ces rapports mettaient en garde les autorités contre une explosion sociale dés la fin 2016.

Des marges de manoeuvre politique

Les hommes du régime savent pertinemment que la répression ne suffira pas pour contrôler le pays. Il faudra donc lâcher du lest. C’est pour cette raison que des pourparlers ont été entamés entre les négociateurs du régime et des partis de l’opposition à l’image du RCD et des islamistes du MSP qui ont annoncé leur participation à la prochaine élection législative prévue en avril prochain. Des élections d’une importance majeure puisqu’elles pourraient recomposer le paysage politique algérien.

Le FLN de l’après-Saâdani est en pleine mutation et l’opération de nettoyage des écuries d’Augias se poursuit sous la coupe d’un Djamel Ould Abbès qui rêve de préparer le… 5e mandat de Bouteflika. Le RND d’Ahmed Ouyahia lance une opération de séduction en direction des oligarques algériens pour s’offrir leur soutien en prévision de la succession du locataire du Palais d’El-Mouradia.

Chute libre des devises

Mais, c’est surtout le plan économique qui occupera les devants de la scène en cette année 2017. L’Etat algérien cherche à tout prix à attirer les investisseurs étrangers pour équilibrer ses finances ruinés par une chute de 45 % de ces recettes en devises. Les opérateurs chinois et français sont choyés pour s’installer dans le pays et chaque lobby tente de privilégier ses intérêts.

Si Renault Trucks a réussi à implanter son usine de montage de camions, le dossier Peugeot connait toujours des complications. Le futur Port de Cherchell, financé par la Chine, devra impulser un dynamisme au pays. Toutefois, cela ne risque pas de suffire car la législation algérienne demeure hostile aux investisseurs étrangers et le pays a besoin, tout de même, d’environ un million d’entreprises pour renforcer sa croissance économique. Dans le secteur agricoles, les immenses fermes réalisés par des investisseurs américains capitalisent tous les espoirs pour réduire la facture alimentaire qui dépasse les 10 milliards de dollars.

Réduire à tout prix les importations, sauf celles des armes où l’armée algérienne continue à dépenser sans compter et sans aucun contrôle. L’année 2017 ne marquera aucune rupture dans ce domaine. Pour répondre aux critiques, l’armée algérienne développe ses propres entreprises économiques et son partenariat avec Mercedes-Benz et un fonds émirati pour le montage de véhicules militaires semble être une première opération pour diversifier les revenus d’une armée budgétivore. Quoi qu’il en soit, l’année 2017 est sans doute la plus difficile et la plus déterminante pour l’avenir de l’Algérie. C’est l’année où le régime algérien risque de laisser des plumes s’il ne réussit pas sa mutation économique.

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