Le gouvernement multiplie les mesures pour protéger le « référent religieux national » d’influences et de courants qui lui sont étrangers. Après l’appel à la vigilance, lancé par l’intermédiaire de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) contre les téléprédicateurs « mal formés et dénués de spiritualité », confortée par le président du Haut-conseil islamique, Abdellah Ghlamallah, qui, lui aussi, ne s’est pas gardé de critiquer ouvertement certaines chaînes de télévision privées qui donnent la parole à des « prêcheurs obscurantistes » et qui, selon lui, « éloignent les citoyens du référent religieux algérien ».

Cette fois-ci, c’est à travers un décret visant à « fixer les conditions et les modalités d’autorisation préalable pour l’importation du livre religieux », signé par le Premier ministre Sellal et publié hier au Journal officiel. Ce texte modifie les procédures d’importations et de publication des ouvrages à caractère religieux.

En effet, ce décret n° 17-09 s’adresse en premier lieu aux « personnes physiques ou morales de droit algérien » qui exercent des activités relatives à l’édition ainsi qu’à l’importation du livre, mais aussi « à toute personne ou tout organisme qui importe le livre religieux sur tous les types de supports, dédiés à la lecture, au don ou à l’exposition ». Il est ainsi précisé dans l’article 5 du décret que « l’importation du livre religieux sur tous supports est soumise à l’autorisation préalable du ministère chargé des Affaires religieuses et des Wakfs ».

Plus concrètement, l’objectif est de s’assurer que les contenus des livres religieux ne portent pas atteinte à « l’unité religieuse de la société, au référent religieux national, à l’ordre public, aux bonnes mœurs, aux droits et libertés fondamentales, ainsi qu’aux dispositions des lois et règlements en vigueur ». Les importateurs, éditeurs, ou distributeurs de livres religieux devront désormais obtenir des autorisations pour chaque titre.

L’article 7 du décret précise dans ce sens qu’il est créé, auprès du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, une nouvelle commission de lecture « qui a pour mission de se prononcer sur les demandes d’autorisation préalable d’importation du livre religieux », après avoir notamment pris « connaissance des contenus des livres religieux à importer » et de les avoir « analysés ». Le décret énonce, par ailleurs, une série de sanctions qui pourraient être prises vis-à-vis des importateurs contrevenants, notamment la perte de l’autorisation d’importation, la saisie des ouvrages ou leur destruction.

Il est ajouté que les demandes d’autorisation préalable d’importation du livre religieux doivent être déposées auprès des services compétents du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs « par le postulant ou son représentant dûment habilité » ; les demandes d’importation étant accompagnée d’une fiche de renseignements comportant notamment le titre complet du livre, le nom de l’auteur ou des auteurs, le nom du correcteur lorsqu’il s’agit de correction, le nom du traducteur lorsqu’il s’agit de traduction, le nom de l’éditeur, l’année et la langue d’édition ainsi que  le pays d’édition, mais aussi le nombre d’exemplaires à importer et, le cas échéant, le numéro international normalisé du livre (ISBN).

SOURCE : APS

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